dimanche 8 mars 2009

Après une semaine...

Oulà...
Le temps passe vite sous le soleil équatoriale... du moins on ne voit pas la vitesse du temps, c'est étrange. J'ai l'impression de n'avoir fait qu'un petit bout de chemin (ce qui en soit est vrai : une semaine ce n'est rien)... pourtant, la fatigue m'emporte déjà de raconter ces quelques jours.
j'ai noirçis les lignes de mes trois cahiers de notes... Je vais tout de même essayer de synthètiser ces quelques jours, même s'il me sera difficile de vous donner toutes mes impressions, mes ressenties, mes émotions...

Je suis donc arrivé lundi soir. De mardi à jeudi, j'ai logé à côté de l'aéroport Léon Mba, chez véro, une amie de Loyola. loyola est une étudiante française, qui travaille en ethno ici depuis quelques mois. Elle m'héberge (gracieusement) ici depuis que je suis arrivé. Les loyers sont assez chers ici et je n'ai pas vraiment les moyens de m'en payer un... En attendant de connaître un peu mieux mon futur gabonais, je squatte...
Bref, j'étais donc dans un petit appartement, près d'un camp militaire français (et oui parce que les militaires ici, ils connaissent ça...) dans un appartement décoré de photos de caniches, avec un frigo rempli d'une plaquette de beurre bretons, de confitures de fraises, d'oeufs et de riz... L'air climatisé, quatres plaques chauffantes, l'eau courante, qui en plus est chaude...
Appartement à l'image de Libreville : tout d'une grande métropole africaine en pleine occidentalisation. ici, les gens ne recheche que la "modernité". Tout le monde est habillé en costard cravate, même sous le soleil accablant, et roule en 4x4. Et moi, je bosse sur les occidentaux en quête de "tradition" et "d'authenticité"... bizarre non? C'est comme s'il existait une recherche inversé, de toujours prendre chez l'autre ce qu'on pense ne pas avoir devant sa trogne...

Bref... Depuis vendredi, je loge à Louis, toujours avec loyola, dans un autre apart. Louis, c'est le quartier des boîtes de nuit, et des bars a touristes... c'est pas mal. J'y ai rencontré un ancien pote de fac : johann, quel plaisir. Il travaille comme journaliste ici, on mange ensemble normalement demain.

A vrai dire, je ne suis pas souvent à l'appartement. Cette semaine, j'ai passé mon temps dehors, à marcher ou prendre le taxi, découvrir la ville. Je n'ai sans doute pas vu grand chose, mais je me suis balladé du côté de l'université, je suis allé manger à boul-bes, j'ai traversé montagne sainte, je suis allé à la gare routière, j'ai longé le bord de mer... j'ai passé pas mal de temps dans le quartier de m'bolo (le centre commercial, géré par casino... m'bolo veut dire bonjour en fang) et au Centre Culturel Français, où il y a une bonne clim et Internet.

J'ai aussi commencé mon terrain. Mardi, j'ai rencotré Tatayo, un français au Gabon depuis 35 ans, qui propose avec son ONG Ebando, des initiations au Bwete. Il habite à la sabliere, près de "fin de goudron". C'est un endroit chouette que l'on nomme "le village". Tatayo semble connaître pas mal de personnes et peut facilement me mettre en contact. j'ai appris récemment qu'il y avait un autre blanc qui proposai des initiations au Pk12 (12km après le centre de libreville)... je devrais y faire un tour dès la semaine prochaine.

Et puis hier, je suis allé (en compagnie de tatayo et de deux américains qui sont en initiation au village) à Kango. Plus précisément, nous avons roulé direction Kango pour voir papa andré, le père spirituel de tatayo. Nous en avons profité pour visiter Moka a Nzambe, le village de l'éternel, dans la carrière de Kinguele, à 40km des monts du cristal. En pleine forêt, nous avons visité un village, plus ou moins dirigé par un jeune nganga. Nous avons croisé celui-ci sur la piste, en pagne rouge des initiés, portable à la main. Nous avons passé la journée avec lui, en buvant du vin de palme au bwenze (brousse, espace d'initiation), en visitant le lieu d'initiation et de fumigation (ivulu) en forêt... Son village devrait d'ici quelque mois accueillir une dizaine de maisons circulaires, construites de manières traditionnelles...

On a pris pas mal de photos, que je mettrais demain. mais déjà, un sentiment bizarre m'envahit. On a ici à faire avec un réel remaniement du religieux dit "traditionnel", avec les techniques de la "modernité". C'est un marché économique qui se met en place, en mettant en avant l'échange culturel et religieux... L'iboga, et l'initiation au Bwete se présente comme une manière d'apporter des réponses à des questionnements intérieurs...
Constant (le nganga), souhaite développer ce village pour faire le lien entre les occidentaux ou(-et) les librevillois, et le peuple pygmée qui est ici fantasmé sous toutes ses coutures...
Bref, je sais pas ce que vous en pensez, moi je trouve ça intéressant à observer... C'est comme si l'iboga, dans sa dimension d'objet religieux, mais aussi d'objet médical (l'ibogaïne semble avoir un intérêt pour le sevrage aux opiacées) devient un objet "mondialisé"... chez tatayo, près de 70 occidentaux ont été initiés... pour le moment, il y a deux américains qui semblent être venus chercher des réponses sur eux mêmes pour manger le "bois sacré"...
C'est une création de lien social original autour d'une plante (bientôt d'une molécule) qui a des propriétés hallucinogènes impressionantes... et une utilisation rituelle et religieuse très codifié... Les occidentaux disent que ce n'est pas un hallucinogène et qu'il permet de trouver la réponse aux questions que l'on se pose... mais d'après ce que j'en ai lu, au gabon, on consomme cette plante peut-être pour trouver des réponses, mais d'abord parce qu'on est malade...

Voila, je pense que je vais retourner voir tatayo d'ici quelques minutes, peut-être.... Je vois un professeur demain pour parler de mon sujet... peut-ête que je retournerais voir ce constant, j'irais certainement au pk12 dans la semaine... et je pense visiter le mont iboundji pendant mon dernier mois de gabon....

je vous embrasse et met des photos dès demain.....

PS : en ce qui concerne la bouffe locale, j'ai gouté le poisson, te taro, l'igname, les bananes plantain grillé, le manioc, les aubergines locales, le poulet sauce arachide.... le tout super bon....

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