mardi 24 mars 2009

Putain de weekend...

Putain de weekend...
effectivement. La démarche ethnologique suppose parfois de drôles de situation. Comme vous le savez, mon terrain commençait à me malmener. j'ai donc décider de prendre le taureau par les cornes et de me bouger un peu, histoires de rencontrer des gens, d'apprendre ce que j'étais venu chercher.
Vendredi, direction le ccf (centre culturel français), un peu d'internet, puis direction la fac où l'on m'appelle pour me fixer un rendez-vous au ccf... demi-tour, marche arrière... 30 minutes de blabla, re-internet... ma journée de motivation commence mal. Alors je prends un sandwich, je me pose et décide d'aller voir ce fameux village au Pk12, dont j'entends parler depuis mon arrivée. je prend un taxi direction l'université, puis un taxi-bus direction gare routière et enfin un autre taxi-bus direction pk12... la je demande mon chemin, fais quelques demi-tour puis tombe finalement sur un portail vert. Je le pousse, j'appelle... Quatre ou cinq têtes me regardent, sourire grand ouvert : salut!
-bonjour, je suis étudiant... neieneien, je m'appelle...;
- et oui, c'est bien ici mbang-ntam, tu tombes très bien, on va bientôt partir pour un spectacle bwiti...
ok...
on me donne une chambre, je dis bonjour a tout le monde (une 30 aine de personnes, tous de la même famille, tous avec le même sourire!!), pose mon sac...
je cherche à me rendre utile dans la folie du mouvement...
Une heure après peut-être, nous partons, direction le terrain : un espace de 20 hectares, a 20 minutes de piste, entre forêt et jungle... la-bas, quelques aménagements sont faits, deux trois espaces de danses, des mbandja, des bwenze... je suis aux anges.
On prépare la soirée, en aménageant le pont, en coupant du bois, en le transportant d'un point à un autre, etc... Et puis la soirée commence.
Je ne comprends pas vraiment ce qui m'arrive, mais je comprends que cette soirée est un spectacle bwiti que le village propose à des occidentaux en voyage. Ce soir, ils sont au moins 6 et dès qu'ils nous voient, ils mitraillent de photos. Je dis ils, évidemment car je me retrouve non pas du côté spectateur, mais du côté acteur, peinturluré, maquillé, costumé... nigel barley n'est qu'un enfant à côté de moi qui en deux temps trois mouvements, devient nganga sans le savoir!
j'ai passé le reste de la soirée comme ça, à assister au spectacle du côté des danseurs et chanteurs (de vrais athlètes au passage!)...
Je me couche la tête trop pleine d'informations...
le lendemain, lever 6h, pour une seconde journée... et là, attention...! si hier le fait de rentrer en scène sans trop savoir ce que j'étais venu faire me paralysaient un peu l'esprit, aujourd'hui c'est tout autre chose. On assiste cette fois à la vraie initiation... les bandzis se dont purifier avec un lavement d'eau douce et de feuilles... on prend une dose d'iboga, les musiciens sont à côté de nous, ils jouent fort et tout le monde chantent... l'effet commence à se faire sentir pour moi. Après 20 minutes, je ne comprends plus vraiment ce qui m'arrive, tout va trop vite, je suis torse nu, en pagne en train de taper des mains sur des louanges que je ne comprends pas, et la plante commence à faire son effet... je pars, remonte doucement la pente, m'installe près de la maison... lalas et libope m'ont rejoint, ils s'installent à côté de moi, sans un mot... on fume une cigarette et je commence à poser des questions étranges :
- a quoi faut-il penser? comment faut-il gérer ça? a quoi ça sert?
On m'explique alors qu'il faut penser au bien, et surtout rester en mouvement car l'iboga est un stimulant et se diffuse dans tout le corps, et n'aime pas l'inactivité... il faut bouger, ne pas avoir de pensé négatives... ont m'apprends que tout ce qui m'entoure connaît un seul créateur : nzambe, dieu et que nous hommes, nous sommes tous des dieux, parce que nous sommes tous des créateurs... Chaque mouvement est une création et tout ce que tu réalises est une volonté... abasourdie je me lève, respire, regarde autour de moi... derrière moi on me dit encore que la nature est pareil à l'homme, et qu'il faut la respecter... que chaqsue arbre est en mouvement, que la première danse de l'homme c'est l'imitation de l'arbre qui bouge...
je m'adosse à un arbre. je regarde lalas et lui demande : "c'est normal si j'ai envie de dégeuler?"
il me regarde, sourit et acquiece. Il ne m'en faudra pas plus...
trois ou quatres remontés après, je me sens mieux, même si je ressens encore les effet du bois...
on m'explique alors que le bois sacrée agit comme une purge, comme une vidange. Si tu as des choses mauvaises en toi (alcool, tabac, etc), tout remontera, et ton ventre sera propre.
Et puis le bois se diffuse dans tout le sang et nettoiera donc tout ça en profondeur...
Je suis confus... trop d'informations pour ma petite tête, je ne prends pas tout en note, d'ailleurs j'ai oublié mon cahier et mon dictaphone. Ce n'est pas grave.
J'ai décidé de m'installer dans le village pour les deux mois à venir... après la descente du weekend, je suis content de vivre là-bas. On y mange bien, j'ai ma chambre, ma douche, mes toilettes, mon espace, ma liberté, il y a une playstation, internet... de la place, des gens souriant... j'ai commencé à jouer de l'arc musical, a danser aussi... il faut que je fasse beaucoup de progrès et j'en suis capable...
Pendant le weekend, on a aussi pêché des crabes, on s'est baigné nue dans des rivières, dans des bras de mer, on m'a parlé de beaucoup de choses (le bwiti pratiqué est le bwiti ngonde mais ils font aussi d'autres genres du styles misoko, etc..).... bref
tout le monde est d'accord pour que je reste...
je vous mettrai des photos dès que possible!
bisous à tous

1 commentaire:

  1. Coucou! Très intéressant ton message... meme si j'ai pas tout capté ( les termes gabonais!)!!
    J'attends la suite!
    Bon séjour, bonnes découvertes, bons voyages et tout et tout! bisous. Cyrielle

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